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Oracle attaque Google sur les brevets Java

Comme les plus pessimistes pouvaient bien s’en douter, Oracle met enfin le pied à l’étrier depuis le rachat de Sun. Le géant de l’informatique n’y va pas avec le dos de la cuillère, puisqu’il s’agit d’une technologie très répandue, le Java (ME) et directement face à Google, le géant de l’internet.

Un enjeu en or

En effet, si le Java est répandu, c’est qu’il a un atout que peu  de langages de programmation peuvent se prévaloir, être multi-plateformes. Du coup, on peut facilement coder d’une application qui soit facilement exportable sur Windows, Mac ou Linux. Sun voyant les smartphones et autres appendices mobiles exploser, avait mis en place une version toute spécifique qui s’est appelée le Java ME, autrement dit Micro Edition. Si le Java « normal » a été déployé dans ces dernières version avec une licence libre, plus précisément GPL, il n’en est pas le cas pour la petite sœur. Tout le monde développer, utiliser, corriger, etc le Java, dès le moment où il respecte les conditions de la GPL, mais Sun n’en avait pas fait de même avec la version ME.

Google, pour faire fonctionner son OS mobile qu’est Android, a fait recours à Java ME, puisqu’à l’époque, Sun, propriétaire des brevets ne s’y opposait pas. Pourtant, entre-deux, les ayants-droit ont changé et du coup, Oracle n’a pas du tout la même vision du « business ». Cette dernière est bien convaincue de faire valoir les brevets qui ne sont pas libres dans la technologie en question. Voilà une affaire qui pourrait être embarrassante pour le géant de l’internet. Évidemment, le succès phénoménal de l’OS mobile au robot vert, a fait miroiter beaucoup de dollars, et c’est sûrement pour ce genre de motivations que l’heureux propriétaire de Sun entreprend une action en justice pour violation de brevets.

La partie est loin d’être gagnée

Le cœur est bien plus complexe qu’on pourrait le croire. De prime abord, on pourrait croire que Google a des reins très solides et n’a pas de quoi s’inquiéter. Pourtant Oracle est un poids très lourd dans son domaine, à tel point que la firme pèse un peu plus que le géant d’internet. Donc le bras de fer risque d’être long, s’il n’y a aucun arrangement trouvé à l’amiable. D’un autre côté, Google a aujourd’hui une quantité de terminaux mobiles utilisant Android comptée en millions. La firme de Santa Clara ne peut pas se faire discréditer en laissant tomber l’inertie qu’a pu générer son projet: utilisateurs, développeurs, opérateurs, constructeur, etc. Un discrédit sans précédent serait jeté sur l’entreprise qui pourrait la mettre à mal. Or ce nombre incroyable d’appareils fonctionnant son OS mobile peut être pris comme base de calcul d’un éventuel dédommagement. En résumé: un sacré saladier.

Les buts d’Oracle

Bien que nous savons que l’entreprise dont il est question a toujours misé sur un maximum de profit, ses intentions ne s’arrêtent peut-être pas que à ça. Bien qu’elle ne vas sûrement pas refuser les dollars que Google lui devra verser, ses intentions peuvent aller bien plus loin.

Mais pour cela, il faut revenir un peu en arrière. En 2007, quand Android est mis en projet, Sun est encore une société entièrement indépendante sort la version libre de Java et planche sur la même licence pour la Micro Edition. D’ailleurs, elle ne manque de saluer l’engouement et la décision du géant de l’internet de faire appel à sa technologie pour l’intégrer à Android et se dit prête à collaborer. Tout va pour le mieux et de part et d’autre on fait la « bonne pub » au libre, à la source d’un projet de cette envergure.

En entreprenant une action de cette portée, Oracle jette un certain discrédit sur le monde du libre, puisque tôt ou tard, celui-ci peut se retourner contre ceux qu’y ont mis des billes. Bien entendu, ceci donne plus d’importance et de fiabilité aux produits maison, souvent basés sur du libre, mais rendus fermés par leur apport personnalisé. Indirectement, ce sont donc d’autres concurrents de la firme qui sont visés, comme IBM, qui travaille beaucoup avec le libre. La clientèle risque de perdre confiance en « Big Blue » pour ne pas se retrouver dans une situation délicate à l’instar de Google et ses partenaires.

Enfin, un autre message semble être aussi délivré, bien qu’un peu grossier: « N’utilisez plus ce qui était sous le couvert de Sun, car nous pouvons vous mettre des bâtons dans les routes à tout moment! » Or le llibre dépend encore beaucoup de ce genre de produits. Pour rappel, MySQL, largement utilisé sur le parc mondial de serveurs, OpenOffice ou Solaris correspondent à ces critères.

D’ailleurs, en ce qui concerne Solaris, le message a déjà aussi été clarifié, puisque la version libre « OpenSolaris » n’est plus soutenue par Oracle et une version gratuite sera distribuée, limitée en fonctions par rapport à l’offre commerciale (évidemment!), mais sous licence propriétaire.

Le futur suspendu à Google

Du coup, l’avenir semble bien moins enjoué pour la communauté du libre (utilisateurs et développeurs) qui gravitait autour de Sun. Les promesses faites par Oracle lors du laborieux processus de rachat sont visiblement bien loin et la société entend bien continuer dans le business model qu’elle a toujours eu en ligne de mire. Ceci pourra donc apporter encore bien des désagréments. Dans tous les cas, un gros pavé est lancé dans la paisible mare du libre et des rouages bien huilés du géant de l’internet. La conclusion qui découlera avec Google balisera sûrement le futur des autres vestiges de Sun.

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Posté le : 26 Août 2010 par Shymata
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Posté dans Logiciels libres, Systèmes d'exploitation |


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