Oracle: les sénateurs US s’en mêlent…
Alors que la Comission Européenne prend tout son temps pour valider ou pas le rachat de Sun par Oracle, certains commencent à taper fort du pied d’impatience.
En effet, cela fait plusieurs mois que l’Europe entend être vraiment sûre que cette acquisition ne pose pas de problème, surtout dans le marché des bases de données, dont Oracle détient sa propre technologie et Sun travaille avec MySQL, solution libre.
Depuis le début, et pressé de finaliser la transaction, Oracle affirme vouloir garder la technologie libre, car elle a son propre marché faisant peu de concurrence à la sienne. En outre, l’entreprise promet aussi de garder celle-là sous licence libre et ne rien toucher.
Pourtant, bien des spécialistes se questionnent sur ces « bonnes intentions ». Le premier et le plus concerné peut-être, Monty Widenius. Il s’agit tout simplement d’un des co-fondateurs de MySQL. Il fut salarié de Sun jusqu’au rachat de cette dernière par Oracle. Il donna « rapidement » sa démission et fonda MariaDB. Cette nouvelle appellation est une version de MySQL, revue, corrigée, améliorée, modernisée et entièrement compatible avec sa lointaine cousine. Bien entendu, MariaDB, c’est du libre, la question ne se pose même pas.
Maintenant, que nous avons situé le personnage, voici ce qu’il dit: « il ne faut pas valider le rachat de Sun par Oracle. » Ces derniers, d’après l’intéressé, n’entendent garder que les technologies qui les intéressent pour les diluer dans les leurs, avant de faire disparaître le reste dans les oublis. En gros, Oracle ne pense qu’à faire du profit sans aucun état d’âme, chose dans laquelle la firme a déjà eu l’occasion de s’illustrer.
Dernièrement, et pour tenter de faire avancer le processus, Oracle a multiplié les appels envers la Commission Européenne, afin qu’elle termine son enquête rapidement. Les raisons invoquées son simples, la marque Sun est « bloquée » pendant tout ce temps, se retrouvant entre deux eaux, et même les clients les plus patients commencent à se lasser. Les pertes journalières de l’entreprise commencent à chiffrer sérieusement. Évidemment, c’est à charge du repreneur.
L’Europe de son côté, n’entend se laisser faire pour si peu. Elle a déjà fait trembler Microsoft, enquête sur Apple, alors Oracle… Oui mais visiblement cette dernière a le bras long, et en fin de cette semaine, voilà que 59 sénateurs américains, sur un total de 100, ont rédigé une lettre de « sommation ». Oui, ils somment l’Europe de se dépêcher de régler ce dossier au plus vite. Voilà qui risque de faire réfléchir la Commission Européenne… ou pas.

Bien entendu, plusieurs acteurs sont en jeu et se renvoient la balle de la responsabilité. Pour certains, il s’agit évidemment d’Oracle, dont les plans d’acquisition formulés par son président, Larry Ellison, posent problème à l’Europe au sujet uniquement de MySQL. Monsieur Ellison n’a jamais voulu remettre ces plans en question. MySQL semble, bien que toutes les bonnes intentions aient été promises et jurées, ne pas représenter grand chose pour Oracle. En tout cas, ce n’est pas sur cette technologie que les nouveaux acquéreurs comptent faire de gros profits, au contraire. Du coup, avoir un plan de reprise « vaste » et qui soit validé par les différentes commissions, leur permettrait à court ou moyen terme de s’en débarrasser. Ou de la rendre bien plus rentable.
La suite devrait tomber assez rapidement. Si plus de la moitié du Sénat se mobilise, l’affaire commence tout de même à prendre quelques proportions. Et il serait malheureux de rentrer dans un conflit politique pour « si peu » de choses. Bien entendu, la communauté va visiblement perdre gros dans l’histoire. Mais nous avons l’habitude de subir, et de nous relever encore plus forts. Aller, sortez vous haches!! Qu’on en finisse!!



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