Symbian est libre!
Bien que la décision ait été annoncée depuis longtemps, c’est seulement il y a quelques jours que Symbian, OS mobile (pour téléphones mobiles), est vraiment passé en libre officiellement. Si certains ont l’impression de découvrir ce nom, sachez que Symbian œuvre déjà depuis des années dans le domaine.
Bref historique
1998, Symbian Ltd voit le jour. Le code utilisé est basé sur les ruines de Psion et cette société va travailler 10 ans pour les constructeurs téléphoniques comme Nokia, Sony Ericsson, Panasonic, Siemens ou encore Samsung. Si certains ont utilisé Symbian OS avec parcimonie, Nokia et Sony Ericsson ont largement équipé leurs mobiles de ce système d’exploitation. Or en 2008, le géant finlandais et leader mondial, rachète les parts de tous ses camarades pour n’être que le seul maître à bord. Octobre 2009, Symbian OS passe sous licence libre et février 2010, son code source est mis à disposition.
Pourquoi?
Beaucoup pourraient se demander pourquoi le leader mondial en téléphonie mobile a prit cette décision. Il faut que toute sa moyenne et haute gamme est équipée de ce système d’exploitation (S40 et S60). Or la concurrence se fait de plus en plus rude et réactive. SymbianOS montre toutes ses faiblesses, y compris un manque de stabilité récurrent, un manque d’optimisation des ressources matérielles, ainsi qu’un manque total d’applications susceptibles de convaincre l’utilisateur. Ce dernier a été en effet, habitué à voir de « l’iphone » à toutes les sauces et nomme ses concurrents comment étant Google Android ou BlackBerry (WebOS, etc).
Soyons clairs, Nokia négocie très mal le virage des smartphones. Offrir Symbian à une communauté signifie une volonté d’amélioration du noyau (qui doit être radicale) et ouvrir enfin un choix, le plus large possible, à des applications en tout genre.
Certains me diront que ce n’est pas logique, puisque les finlandais travaillent aussi sur Maemo (noyau Linux à la sauce Nokia équipant le N900). Certes, Maemo est un autre projet libre sous l’égide Nokia et voulant toucher, a priori, le même marché cible. Toutefois, Maemo est encore en développement et bien qu’il soit prometteur, il reste encore relativement instable. Autre grande différence, la Symbian Foundation compte des dizaines de partenaires dans tous les domaines, et ainsi le projet a un dynamisme que n’aura jamais Maemo, dont seule Nokia s’en occupe pratiquement.
La suite
Pour la suite, ne vous attendez pas à des changements radicaux dans les prochains mois. Bien que le projet soit à l’état avancé (vu le nombre de partenaires), le calendrier de développement ne montre rien de vraiment tangible et concret avant 2011. Ce qui n’est pas si surprenant que cela. Le noyau, la base même du code de SymbianOS doit être revu, pour pouvoir ensuite retravailler tout le reste du code. Il s’agit de stabiliser le système d’exploitation, de le rendre aux « normes » actuelles: supportant le tactile, affichant des animations entre les opérations de l’utilisateur, ayant une possibilité d’installation et désinstallation rapides d’applications diverses.
S’il y a, par contre, un domaine où il ne faut pas rêver, c’est au sujet de la retrocompatibilité du SymbianOS de nouvelle génération avec les appareils utilisant S60 aujourd’hui, ou même ces prochains mois. Il est fort à parier, après tout ce que je viens de vous expliquer, que l’architecture logicielle soit complètement revue et donc tout à fait inopérante et incompatible avec l’architecture actuelle.
Bien plus plausible, faire tourner Android sur des HTC livrés avec WinMo (Windows Mobile), reste encore très très loin d’un résultat fiable, alors que HTC travaille avec WinMo et Android, et que bien souvent le matériel embarqué de ses smartphones est relativement similaire.
Ainsi, souhaitons une longue vie à Symbian et que cette dernière soit fructueuse. La venue d’un autre concurrent là où Apple domine outrageusement et Google étend encore une de ses tentacules, ne peut être qu’une bonne nouvelle. Surtout qu’il s’agit d’une licence libre et là on pousse encore plus.
Site très complet de la fondation Symbian (anglophone)

Souscrire aux commentaires de cet article
